Par Christophe Bedrossian, Conseiller municipal de Brioude
Le Centre Communal d’Action Social (CCAS) a pour mission d’animer une action générale de prévention et de développement social au sein de la commune.
L’histoire des CCAS s’inscrit dans une trajectoire plus ancienne : celle de la construction progressive d’une solidarité publique en France. L’assistance sociale est une belle et grande idée, même si actuellement elle paraît de manière assez simpliste dévoyée à des fins électorales.
Dès 1793 est reconnu un « droit à l’assistance ». La collectivité a le devoir de venir en aide à ceux qui ne peuvent subvenir à leurs besoins. L’élection des conseils municipaux au suffrage universel direct en 1884 renforce encore le rôle des communes dans cette organisation de la solidarité. La création de la Sécurité sociale en 1945 pose les bases d’une solidarité nationale structurée. En 1953, sont créés les Bureaux d’aide sociale (BAS) qui deviendront en 1986 les Centres Communaux d’Action Sociale.
On passe progressivement d’une logique d’assistance à une politique d’aide sociale organisée.
Les CCAS, dont une des missions est de réaliser l’analyse des besoins sociaux, doit être un outil essentiel pour comprendre les réalités sociales d’un territoire et adapter nos politiques publiques locales.
Ce rapport de la Chambre Régionale des Comptes, en réaffirmant la nécessité pour la commune de « clarifier les relations tissées avec le CCAS » nous donne à voir un organisme qui, en étant trop lié au pouvoir politique, ne joue simplement pas son rôle. Les CCAS doivent avoir une véritable autonomie budgétaire et une véritable indépendance politique. Et les deux sont étroitement liées ! En mettant sous cloche cet organisme, en neutralisant son indépendance sont neutralisées les ambitions que pourraient avoir cet organisme en terme de solidarité. Pour exprimer une volonté politique, il y a la commission sociale, constituée d’élus.
Le CCAS est un autre espace, où des représentantes et des représentants d’association locales (familles, personnes âgées, personnes en situation de handicap, insertion/lutte contre l’exclusion, logement/hébergement), afin d’assurer la représentation des publics concernés. Le conseil d’administration du CCAS décide des orientations et des choix de la politique sociale locale. Son budget est autonome et alimenté notamment par une subvention de la commune, votée chaque année.
- Les missions du CCAS sont claires :
- Réaliser l’analyse des besoins sociaux
- Accompagner l’attribution des aides sociales légales auxquelles les habitants ont droit
Il peut aussi développer des actions sociales liées à des problématiques identifiées (la solitude par exemple).
Plus largement, dans un contexte marqué par l’accumulation des crises – sociales, économiques, sanitaires ou climatiques – les CCAS doivent être des espaces dotés de véritables moyens pour une une vraie solidarité de proximité.
Nous sommes à la veille des grandes vacances, combien d’entre nous partirons du Brivadois ? Près de 40% des Français ne partent toujours pas en vacances chaque année. Derrière ce chiffre se cachent des réalités multiples : difficultés financières, isolement, problèmes de mobilité, perte de confiance ou encore manque d’information sur les aides existantes.
Quelle est la réalité de notre ville ? Le CCAS agit-il vraiment sur des problématiques clairement définies ? Le problème de conventionnement pointé par la Chambre Régionale des Comptes, outre le cadre légal concernant les salariés de la commune, doit nous alerter doublement : il nous faut donner de réels moyens financiers et humains clairement identifiés pour une politique sociale à la hauteur des urgences.
Et au-delà, être vigilants ensemble : le CCAS a besoin que soit respectée son indépendance vis à vis de la commune et du pouvoir politique.