Retour sur le conseil municipal et le débat « épineux » des orientations budgétaires, par Christophe Bedrossian.
L’objectif du Débat d’Orientation Budgétaire est d’une importance particulière : donner à voir la vision d’une équipe municipale en terme de projets et les moyens de les financer pour les années à venir.
Apparemment cette équipe, selon ses dires, était trop fraîchement élue, elle n’a eu « que 4 jours pour préparer ce document ». Malgré plusieurs mandats pour bon nombre de ses membres ! Argument massue ou pirouette sémantique, cet « exercice imposé » n’a simplement pas permis de répondre à la plupart de nos interrogations, qu’ils s’agissent des« annexes vertes » autour des questions écologiques et de leur prise en compte dans les constructions budgétaires présentes et à venir. Qu’ils s’agissent des nouveaux mode de gouvernance nécessitant des moyens spécifiques.Et bien entendu qu’il s’agisse du sujet éminemment « épineux » des finances pour Brioude, le même flou a régné.
Au delà de la multitude de chiffres projetés, une donnée aurait pu être présentée, celle du fond de roulement. Celui de la commune de Brioude était de 800 000 en 2024 alors qu’il était de 2 150 000 en 2020. Soit 107 euros par habitant quand la moyenne des autres communes de même strate est de 374 euros.
Plus globalement, les orientations budgétaires de la nouvelle équipe municipale sont restées vagues quant aux investissements envisagés et leurs sources de financement. Les travaux proposés n’étaient affichés, de l’aveu même du rapporteur aux finances, que pour rendre une copie formelle d’une obligation.
Il n’y aura donc pas eu au final de vrai débat sur la trajectoire à emprunter.
Nous n’avons pas eu de réponses sur la question de l’augmentation des valeurs locatives de 0,8 % qui verront encore augmenter les impôts des Brivadois. Qu’est-ce que cela représentera comme recette fiscale supplémentaire ? Nous avons pu montrer que pendant les années 2022, 2023, 2024 la commune avait largement profité de cette augmentation des valeurs locatives pour mettre les contribuables sous pression. Nous avons pris le temps d’annoncer que cette période touchait à sa fin et que la courbe de l’inflation génèrera en 2026 plus de dépenses et moins de recettes.
L’impossibilité de récupérer la compensation d’une partie de la TVA sur les dépenses de fonctionnement, l’emprunt de 1 million contracté en 2025 qui va venir augmenter le chapitre 66 (remboursement des intérêts de la dette), les amortissements supplémentaires, rien ne nous expliquait comment compenser ces modifications de recettes pour construire le budget 2026 et les suivants ?
Se posait aussi la question de l’évolution de la marge disponible (CAF Nette – Capacité d’Auto-Financement Nette) pour porter les travaux annoncés, puisqu’en 2025 cette C.A.F. nette était d’à peine 400 000 euros. A l’affichage de plus de 7 millions de travaux jusqu’en 2028, la question a donc été posée : « Pensez-vous avoir recours à de nouveaux emprunts pour financer ces travaux? Pour rappel, la commune a contracté 37 emprunts depuis 2004. Celui de 2004, le plus ancien donc, n’arrivera à échéance qu’en 2029 ». Nous n’avons pas eu de réponses.
À la question « Avez-vous pensé à augmenter la Taxe d’Habitation sur les Résidences Secondaires pour Brioude ? », nous avons senti la salle se réveiller pour plaindre les propriétaires d’un second bien, et répondre que ce n’était pas à l’ordre du jour. Un choix évidemment politique.
Bref, nous gardons la même analyse que lors de la campagne: Il faudra lever le pied sur les investissements, les prioriser selon des critères rigoureux liés aux besoins essentiels de la population, et retrouver de la marge de manœuvre en fonctionnement pour financer davantage de services à la population.
C’est en ce sens que nous allons faire une proposition budgétaire le 23 avril prochain.